La Mouette - Morceaux

Moisson 2020
Création collective d’après La Mouette d’Anton Tchekhov

   Une maison de famille, l’été, au bord d’un lac. Pendant que la célèbre comédienne Arkadina tue le temps, son fils, le jeune Treplev, travaille avec fièvre à la préparation de son nouveau spectacle, dans lequel il met en scène la belle Nina, qui rêve de devenir actrice et dont il est passionnément épris. Mais le jeune artiste reste incompris et Nina tombe sous le charme de Trigorine, l’écrivain à succès qui partage la vie d’Arkadina.

   Amours impossibles et ambitions contrariées, c’est ce que vivent tous les personnages de Tchekhov. Née de l’envie de monter une forme « cabaret », cette Mouette revisitée est une plongée dans leurs états d’âme : en quelques morceaux choisis (et chantés), ces drôles d’oiseaux se donnent à voir tels qu’ils sont, empêtrés dans leurs contradictions, leur orgueil et leur naïveté.

 

 

 

 

NINA : C’est difficile de jouer dans votre pièce. Il n’y a pas de personnages vivants.

TREPLEV : Des personnages vivants ! Il faut peindre la vie non pas telle qu’elle est, ni telle qu’elle doit être, mais telle qu’elle se présente en rêve.

NINA : Dans votre pièce il y a peu d’action, c’est juste un texte à dire. Et, dans une pièce, à mon avis, il doit absolument y avoir de l’amour…

© Images : Marie Debrouwere et Mathieu Cluzel

    Montage : M. Debrouwere

Avec : Anne-Charlotte Chasset, Juliette Giudicelli, Anne-Claire Ignace, Armelle Pauliat

Accordéon et guitare : Félix Giudicelli

Collaboration artistique et direction d’actrices : Hervé-Claude Ilin

Régie : Mathieu Cluzel

© Marie Debrouwere

Les Vieilles

Moisson 2019
Adaptation du texte de Gaël Octavia
Création collective

   Une usine en grève, des ouvriers en colère et une jeunesse pleine d'espoir. Alors qu’un vent de rébellion souffle sur leur village, Man Do, Man Belle et Man Fifi, trois vieilles amies de toujours, ressentent l'appel du combat et délaissent leurs parties de Scrabble pour rejoindre le mouvement… Sans doute la fougueuse Nina, petite-fille de Man Do, y est-elle pour quelque chose. Tour à tour chamailleuses, solidaires, extravagantes et surtout très touchantes, les trois inséparables sont bien déterminées à se battre sans relâche pour l’avenir de leurs petits, quel qu’en soit le prix à payer.

 

MAN BELLE : J’ai rêvé de l’usine. J’ai rêvé que c’était la guerre. Les gars avaient arrêté de faire le piquet de grève comme des imbéciles qu’ils sont. Ils faisaient enfin la révolution. Sans pitié pour les malpropres. Avec des fusils, des grenades. Et nous aussi, Do, on se battait. Tu étais là, avec moi, avec tous.

MAN FIFI : Et moi je suis pas dans ton rêve ?

MAN BELLE : Toi aussi, Fifi, tu avais un fusil !

MAN FIFI : Aïe Bon Dieu !

© Images : Mathieu Cluzel/Montage : Marie Debrouwere

Avec : Anne-Charlotte Chasset, Juliette Giudicelli, Armelle Pauliat, Maria Pepe

Collaboration artistique et direction d’actrices : Hervé-Claude Ilin

Régie : Mathieu Cluzel

Insomnies

Moisson 2018
Adaptation d'Iphigénie, de Jean-René Lemoine
Création collective

   Pour gagner les faveurs de la déesse Artémis dans l’espoir de sortir vainqueur de la guerre de Troie, Agamemnon a accepté de sacrifier sa fille Iphigénie. La veille du sacrifice, enfermée dans sa chambre, l’adolescente prend conscience de son terrible destin. Au gré de son insomnie se bousculent ses pensées, mêlant prémonitions, peurs, souvenirs d’enfance et rêverie amoureuse, dans une pulsion de vie débordante et incontrôlable. Dans les couloirs du palais résonnent des pas, des voix, des coups de tonnerre... À moins que ce ne soit dans l’imagination tourmentée d’Iphigénie ?

« Je n’ai jamais murmuré à Patrocle les mots, ces mots-là.

Je n’ai jamais approché ma bouche de son oreille, jamais caressé ses cheveux

– je les ai touchés, une seule fois, en riant, comme on touche les cheveux d’un enfant. Effleurés. Je ne laisse rien. Seulement ce que j’aurais dû faire. »

Avec : Anne-Charlotte Chasset, Juliette Giudicelli, Armelle Pauliat

Collaboration artistique et direction d’actrices : Hervé-Claude Ilin

Régie : Félix Giudicelli

J'étais dans ma maison et j'attendais que la pluie vienne

Moisson 2017
Adaptation du texte de Jean-Luc Lagarce
Création collective

   Un soir de fin d’été, une maison qui domine la vallée. Quatre femmes figées dans l’attente, à scruter l’horizon depuis des années. Et soudain l’homme tant aimé qui revient : le fils, le petit-fils, le frère. Mais à peine a-t-il passé le seuil qu’il sombre dans un sommeil profond, laissant de nouveau sœurs et mères en proie à tous leurs questionnements. Les murs de la maison familiale deviennent le décor d’une longue veillée nourrie de tendresse et de rancœur mêlées, où l’on ressasse les drames et les joies du passé. Entre rires et larmes, tantôt complices, tantôt rivales, chacune révèle ses secrets et espoirs inavoués.

« Je regardais la route et je songeais encore aux années que nous avions vécues là‚ aux années que nous avions perdues à ne plus bouger et le temps que j’aurais pu passer loin d’ici‚ déjà‚ dans une autre vie‚ à ne pas attendre‚ à bouger de moi-même. »

© Pauline Maillet

Avec : Anne-Charlotte Chasset, Juliette Giudicelli, Armelle Pauliat, Maria Pepe

Collaboration artistique et direction d’actrices : Hervé-Claude Ilin

Appels en absence

Moisson 2016
Création collective d’après L’Inattendu de Fabrice Melquiot,
La Voix humaine de Jean Cocteau,
Oh les beaux jours de Samuel Beckett.

Avec : Anne-Charlotte Chasset, Juliette Giudicelli, Armelle Pauliat

Direction d’actrices : Hervé-Claude Ilin

Régie : François Duvert

   Dans la solitude de sa chambre, Liane refuse de croire à la disparition de son mari mort noyé et s’accroche à l’espoir de son retour. Tour à tour anéantie, attendrie ou enragée, une femme téléphone à son amant qui vient de la quitter pour une autre, et retarde le moment où il faudra raccrocher. Dans un flot de paroles ininterrompu, Winnie fait l’inventaire de ce qu’elle doit faire tout au long de son interminable journée, bloquée dans un désert avec pour seule compagnie un époux  apathique et muet.

   Trois femmes, trois solitudes, trois espaces-temps qui s’entrechoquent dans le même chaos. Trois voix qui luttent contre tous les déserts de l’absence, qui se mêlent pour renouer les fils de leur amour perdu et chanter, crier, murmurer leur présence au monde.

 

 

LIANE : Quoi ?

Non, rien.

Je croyais que tu me disais quelque chose, j'ai cru entendre.

VOIX HUMAINE : Allô ! ... allô ! ... allô ! Je ne t'entends plus.

WINNIE : Je t'en supplie, Willie, seulement oui ou non, est-ce que tu m'entends de là, seulement oui ou rien ?

LIANE : Non, c'est juste le fleuve qui.

Rien.